Violences faites aux femmes
Pourquoi s’intéresser spécifiquement aux violences faites aux femmes?
Toutes les femmes sont vulnérables à vivre des violences. Certains groupes le sont davantage : femmes en situation de handicap, femmes autochtones ou immigrantes, en situation de précarité financière ou d’instabilité résidentielle, marginalisées ou de la communauté LGBTQ+.
Parmi l’ensemble des réalisations du CRSA qui concernent les femmes, la quasi-totalité d’entre elles traite, à un moment ou un autre, des violences qu’elles ont vécues.
Pourquoi est-ce si difficile de reconnaître et dénoncer les violences subies?
Le contexte social basé sur des rapports inégalitaires
Les violences vécues par les femmes sont ancrées dans une société basée sur des rapports inégalitaires entre les femmes et les hommes (patriarcat). Ce contexte social empêche des femmes de saisir la complexité de leurs réalités et, ainsi, freine leur décision d’aller vers les ressources d’aide.
La présence d’antécédents de violence
Plusieurs femmes ont mentionné avoir vécu de la violence à différents moments de leur vie (dans l’enfance, dans une relation intime, dans la rue, etc.). Les expériences passées entraînent une normalisation, voire une certaine banalisation des agressions vécues par la suite.
La faible capacité à défendre leurs droits
Les femmes insistent sur le fait qu’elles ont peu de connaissance de leurs droits. De plus, lorsqu’elles en prennent connaissance, elles craignent souvent les conséquences possibles de dénoncer une situation de violence (aggravation de la violence, séparation de leurs enfants, ralentissement des démarches liées à l’immigration, etc.).
De quelles formes de violences est-il question?
Les violences interpersonnelles
Parmi les témoignages recueillis par le CRSA, certaines formes de violences interpersonnelles ont été davantage mises en lumière.
Violence conjugale ou en situation de postséparation
Les manifestations de la violence conjugale sont multiples :
- Violence physique, psychologique, sexuelle et financière;
- Contrôle coercitif qui se traduit par une obsession de règlementer toutes les activités des femmes;
- Éloignement de leur réseau social et familial;
- Appauvrissement par le retrait du marché du travail.
En situation de postséparation, la violence se poursuit alors que les femmes sont souvent dans des situations financières précaires :
- Intimidation et menaces en présence ou par texto;
- Surveillance des allées et venues à proximité du domicile ou du lieu de travail;
- Sentiment d’insécurité lié à la possession d’armes par l’ex-conjoint, etc.
Accès à des logements peu sécuritaires dans un contexte de vulnérabilité
La pénurie de logements sociaux et communautaires ainsi que l’inaccessibilité financière des loyers dans le marché privé peuvent contraindre des femmes à vivre dans des lieux peu sécuritaires et inadaptés à leurs besoins.
Des femmes en situation de pauvreté disent avoir subi des abus, des menaces et de la violence de la part de concierges, de propriétaires ou de gestionnaires d’immeubles. En plus, les femmes autochtones et immigrantes vivent souvent dans des logements surpeuplés les rendant à davantage à risque de violence.
Itinérance et instabilité résidentielle, des situations propices à la violence
Pour les femmes en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle (déménagements répétés), habiter chez une connaissance peut aussi entraîner de la violence et de l’exploitation sexuelle.
Il n’est pas rare que les femmes qui se trouvent dans la rue, dans les maisons de chambre ou dans des lieux d’hébergement d’urgence mixtes soient battues, insultées, violées par les hommes présents dans ces environnements.
Les violences institutionnelles
Aux violences interpersonnelles s’ajoutent celles perpétrées par les institutions dans divers domaines : santé et services sociaux, justice, corps policiers, emploi, etc. Les femmes sont alors victimes de violences une seconde fois alors même qu’elles cherchent du soutien (victimisation secondaire). Pour les femmes rencontrées, elles se manifestent surtout dans la pratique sur le plan des ressources et des services offerts par :
- L’insuffisance, la complexité et la rigidité des programmes d’aide;
- La présence de discrimination dans l’accès à des programmes et des services pour des femmes ayant un vécu particulier;
- L’absence de prise en charge par les services psychosociaux et de santé;
- Les délais d’attente inadaptés aux situations d’urgence et de crise;
- Le manque d’accompagnement, de soutien et de continuum de services;
- L’accompagnement inadéquat de la part de personnes soignantes ou intervenantes;
- L’attitude négative à l’intérieur de certains corps policiers face à la dangerosité de la situation;
- Le fonctionnement inadéquat du système judiciaire.
« J’ai appelé la Sûreté du Québec, ça leur a pris 45 minutes avant d’arriver. 45 minutes! C’est les 45 minutes les plus longues de ta vie. Parce que tu sais pas comment ton ex-conjoint va réagir. T’as cinq enfants en bas âge et toi, t’es en plein milieu de ça. »
Des pistes d’action existent pour soutenir les femmes qui vivent des violences.
Les femmes et les personnes intervenantes rencontrées ont partagé plusieurs pistes d’action pour assurer un meilleur soutien aux femmes qui subissent des violences.